Vous reconnaissez vous en Marie-Jeanne, la « serveuse automate », qui rumine son mal de vivre dans le monde souterrain de Métropolis ? Narratrice dans Starmania, Marie-Jeanne commente avec lucidité la trame dramatique de l’opéra rock de Luc Plamondon et Michel Berger (1979). Elle nous inspire et nous attendrit, et nous nous identifions parfois à elle et à son mal-être profond si contemporain et universel…
Je vous invite à vous plonger ou à vous replonger dans l’univers de Starmania à travers le regard de Marie-Jeanne comme une guidance dans les tourments de notre âme...
Métropolis est une métropole souterraine et surpeuplée où l’on ne voit jamais la lumière du soleil. C’est un concentré de « l’ultra-moderne solitude », avec des personnages atomisés : chacun vit dans sa bulle, dans ses rêves. Les médias, omniprésents, entretiennent un climat anxiogène en permanence. Ultra-sécurisée, formatée, cette société inégalitaire est dominée par de richissimes dirigeants, qui détiennent le pouvoir et régissent d’une main de fer le destin de la majorité laborieuse. Mais l’ordre établi sera t-il renversé par des révolutionnaires marginaux, les « Etoiles Noires » ? Marie-Jeanne, héroïne malheureuse dont le destin se trame au carrefour des intrigues politico-sociales et amoureuses, tente de trouver son chemin dans le noir...
Marie-Jeanne travaille à l’Underground café, un bar de la ville souterraine fréquenté par des délinquants. Marie-Jeanne se fond dans le décors, elle n’est qu’une serveuse transparente, personne ne fait attention à elle… Elle a conscience de sa condition modeste mais ce n’est pas la seule cause de son mal-être. A ce ressenti d’infériorité sociale s’ajoute un vide existentiel. Car il y a un gouffre entre ses aspirations profondes et sa vie réelle : Marie-Jeanne nous chante son mal de vivre dans « La complainte de la serveuse automate » : « J’ai jamais rêvé d’être une star, j’ai seulement envie d’être moi : ma vie ne me ressemble pas ».
Marie-Jeanne est prise en étau entre la conviction qu’aucune perspective concrète, réalisable et enviable ne s’offre à elle, et la nécessité de la survie : « j’ai pas envie d’faire comme tout l’monde, mais faut bien que je paie mon loyer, j’travaille à l’Underground Café » .
Marie-Jeanne sait qu’il lui manque une passion qui pourrait être le moteur de sa vie : « j’veux pas travailler, juste pour travailler, pour gagner ma vie comme on dit, j’aimerais faire quelque chose que j’aime, mais j’sais pas ce que j’aime c’est tout le problème... ».
Lasse, elle se lamente sur le caractère vain de sa vie et des vies de ceux qui l’entourent, souterraines, laborieuses et fragiles : « j’ai plus envie de m’battre, j’ai plus envie de souffrir, comme tous ces automates, qui bâtissent des empires, que le vent peut détruire, comme des châteaux de cartes... ».
Considérez que ce mal-être profond n’est pas, comme on pourrait le croire, le fait d’une personnalité fade et soumise, d’un caractère qui serait faible et sans volonté. Au contraire, Marie-Jeanne est une résiliente comme nombre d’entre nous : elle a mis en place un système de défense pour résister à cet environnement déshumanisé. Afin de survivre psychiquement, Marie-Jeanne s’est coupée de son être profond, elle s’est adaptée en refoulant ses désirs sous une chape de culpabilité. Elle se réfugie dans un statut de « victime » du destin : « j’ai pas demandé à venir au monde, dans mon univers souterrain... », et ce masque de victime la protège mais il la déresponsabilise et lui enlève aussi tout pouvoir d’action sur sa vie. Ce bouclier émotionnel est solide même si, comme nous le verrons, il va se fissurer et s’effondrer au fil de l’histoire. Enfin, cette façade d’indifférence l’a amenée vers l’ennui et une sorte d’apathie imperméable aux émotions et aux désirs, incompatible avec une vie épanouie. Marie-Jeanne finit pas croire que rien ne la motive : « moi j’ai envie de rien » et elle s’est réfugiée dans des désirs illusoires, tel cet amour impossible pour son ami homosexuel Ziggy. Marie-Jeanne espère être aimée d’un homme qui ne peut pas lui rendre son amour et elle s’accroche à cette illusion, alors même qu’elle a conscience que c’est impossible.
Ziggy, artiste hypersensible extériorise ses rêves qu’il a grandioses et les projettent dans la réalité. Egocentré, il s’est adapté à cet univers bétonné, confiné et pollué qu’il dit apprécier. Il est de ceux qui s’ennuient à mourir à la campagne. Il est actif, original, créatif et prêt à toutes les compromissions pour accomplir ses rêves de gloire. Il est cependant aussi fragile que Marie-Jeanne, voir davantage, car si son rêve se brise, son monde s’écroule et lui avec, tel un château de cartes... Ziggy est hyper-adapté à son environnement, alors que Marie-Jeanne est plutôt sous-adaptée à ce milieu de vie.
Marie-Jeanne souffre de la monotonie et de l’ennui de sa vie quotidienne et à force de frustrations sa flamme intérieure s’est éteinte : « Y’a longtemps qu’j’ai pas vu l’soleil, dans mon univers souterrain, pour moi tous les jours sont pareils, pour moi la vie ça sert à rien : je suis comme un néon éteins »
Elle est noyée dans le néant d’une vie sans aucun but : « qu’est ce que j’vais faire aujourd’hui qu’est ce que j’vais faire demain, c’est ce que je j’me demande tous les matins, qu’est ce que je vais faire de ma vie, moi j’ai envie de rien, j’ai juste envie d’être bien »
Les défenses adaptatives de Marie-Jeanne cèdent. Son existence déjà morne bascule lorsque Ziggy, qui lui donnait au moins de l’amitié et un peu de réconfort, l’abandonne pour devenir D.J. au Naziland et rejoindre le camp des « puissants ». Cette trahison va faire basculer Marie-Jeanne dans un état mélancolique dont elle ne reviendra pas. Plongée dans une profonde mélancolie, elle ne semble pas pouvoir se sortir de cet engrenage et exprime son désespoir dans la chanson « Stone» qui nous bouleverse.
« J’ai la tête qui éclate, j’voudrais seulement dormir, m’étendre sur l’asphalte, et me laisser mourir... »
« laissez moi me débattre, venez pas me secourir, venez plutôt m’abattre, pour m’empêcher de souffrir. »
Mais si cette plongée dans les abîmes sert la drame dramatique de Starmania, dans nos existences, n’aimerions-nous pas éviter de glisser du mal-être à la mélancolie sans retour, malgré les vicissitudes parfois cruelles de la vie ?
La naturopathie nous aide à trouver des solutions en nous, bien en amont de l’irréversible bascule, émouvante dans les fictions mais que l’on préférerait éviter dans la vraie vie…
Découvrez ces solutions dans un prochain article.
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